Voyages

Un trek au Népal – Le tour du Manaslu

Namasté ! Je suis de retour, après quelques semaines d’absence, avec plein de choses à partager ! Voilà un an maintenant que je préparais ce fameux trek au Népal et ça y est, je l’ai fait. Que de péripéties avant et pendant ce voyage…

Rester ou partir ?

Il se trouve que premièrement, j’ai été à deux doigts d’annuler ce trek qui me tenait tant à cœur : À trois mois du départ, j’ai été prise de vives douleurs aux genoux. Il est vrai qu’à la base, j’avais déjà un petit handicap : De beaux syndromes rotuliens à chaque genou. Mais là, les douleurs étaient tellement vives que j’ai bien cru ne pas pouvoir marcher du tout. Durant ces trois mois, j’ai remué la Terre entière pour guérir : médicaments, séances de kiné deux fois par semaine, étirements, musculation… Aucune amélioration. Pire, j’ai consulté un ostéopathe qui m’a vivement déconseillé de partir, soupçonnant des lésions méniscales. J’avais le moral au fond de mes chaussettes, tant je m’étais investie pour ce voyage. À deux semaines du départ, l’IRM révèle un début de chondromalacie rotulienne – une dégénérescence du cartilage. Pour moi, c’était sûr : Je ne partirais pas.

C’est alors qu’une de mes collègues a eu une brillante idée, à laquelle je n’aurais pas pensé : Faire le trek à cheval. Après des jours d’attente, notre guide m’annonce que cela est possible, mais que le cheval ne sera disponible qu’au bout de cinq jours de marche. Grosse déception de nouveau : Avec mes douleurs, je me voyais mal marcher six ou sept heures d’affilée, pendant cinq jours. Je ne pars pas. Nouveau rebondissement à trois jours du départ, alors que je n’ai toujours pas préparé mon sac : Finalement, le cheval sera à un jour de marche. Ouf ! Après ces semaines d’hésitation, de flou total, ma décision est enfin prise : Népal, j’arrive !

Katmandou : Rêve ou réalité ?

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J’insiste sur ce point : Ce voyage a été une aventure, du début à la fin. Vraiment, ce fut une suite continue de péripéties et pour cause : Malgré ma décision de faire ce trek, j’ai vraiment cru ne jamais arriver au Népal ! Pour rejoindre ce pays, j’ai enchaîné les vols Paris-Amsterdam, Amsterdam-Delhi, Delhi-Katmandou. Quelle histoire pour y parvenir : À Amsterdam, sur le tarmac, une navette a percuté notre avion. Normal ! Résultat : vol annulé, aucune info pendant deux heures. Problème : Si l’on ratait ce vol jusqu’à Delhi, nous rations aussi celui pour Katmandou, sachant qu’il s’agissait bien de deux vols distincts et pas d’un transit. Katmandou n’aurait été qu’un rêve… Évidemment, le personnel de l’aéroport et de la compagnie aérienne se contentait de se renvoyer la balle et de nous diriger vers des comptoirs totalement opposés. Retournement de situation lorsque je me connecte sur mon smartphone : Air France nous rapatrie sur un vol KLM, qui ferme ses portes dans 10 minutes ! S’en est donc suivie une petite course dans l’aéroport d’Amsterdam qui, en passant, est IMMENSE, pour rejoindre la porte d’embarquement, sans billets of course. Moi qui ne suis pas très à l’aise en avion habituellement, je peux vous dire que j’étais bien soulagée de pouvoir y entrer et décoller ! Et quel bonheur d’arriver enfin à Katmandou, sous un soleil éclatant …

Katmandou, la capitale du Népal, on l’aime ou on la déteste. Cette ville, fortement touchée par le séisme de 2015, est en pleine reconstruction. C’est un concentré de travaux, de foule, de poussière. Cela peut être assez déroutant au début, sauf si l’on a connu Delhi (ce qui était mon cas). Personnellement, malgré tout, j’ai été conquise. C’est une ville vivante, pleine de richesse par sa culture, ses religions (hindouiste et bouddhiste), ses arts et bien sûr, grâce aux Népalais. Ils sont tellement doux, souriants, accueillants, qu’on en oublie le brouhaha ambiant.

Sur la route de l’impossible.

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Avec mes proches, nous sommes restés seulement une journée à Katmandou, afin de nous reposer un peu : Un long voyage nous attendait. Huit heures minimum : C’est le nombre d’heures qu’il nous fallait faire en bus 4×4 pour rejoindre le point de départ de notre trek, dans un petit village nommé Soti Khola (khola = rivière). Pour y parvenir, nous avons fait un bout de chemin sur l’une des « routes de l’impossible ». On peut dire qu’elle portait bien son nom ! Notre bus tanguait tellement dans tous les sens qu’il était presque impossible de prendre une photo. La photo ci-dessus a été prise à l’arrêt, mais elle ne reflète pas du tout l’état réel de la route : La plupart du temps, notre bus roulait à quelques centimètres du bord de la falaise, la vue sur le vide était saisissante. Heureusement, on peut faire confiance aux conducteurs népalais, qui sont habitués à emprunter ces chemins tortueux.

Le tour du Manaslu en 13 jours.

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Le Népal compte huit des dix plus hauts sommets du monde. Le Manaslu (8 163 mètres), « la montagne de l’Esprit », est le huitième d’entre eux. Situé dans la chaîne de l’Himalaya, c’est autour de ce dernier que nous avons marché pendant treize jours, avec le passage d’un col, le « Larke Pass » à 5 200 mètres d’altitude.

C’était magique. Je craignais de trouver le temps long, moi qui n’avais jamais marché pendant autant de jours d’affilée. En réalité, le temps n’avait pas d’importance. Lors d’un trek, on vit l’instant présent, on vit, tout simplement. Les contraintes du quotidien s’envolent face à la beauté des lieux et l’on ne pense à rien d’autre que marcher et satisfaire ses besoins primaires. Le monde extérieur n’existe plus, on est coupé du reste du monde.

Il y a eu des moments difficiles, je ne vous le cache pas : J’ai eu des difficultés à m’acclimater à l’altitude à partir de 3800 mètres. Il faut dire que ce jour-là, j’étais montée un peu vite : Je l’ai payé, et j’ai bien cru que je ne pourrais pas continuer. Finalement, une bonne nuit de sommeil et le mal était passé. Avant le départ, j’étais tellement focalisée sur mes problèmes de genoux, que je n’avais pas pris en compte ce paramètre : La possibilité d’avoir le mal des montagnes et de devoir redescendre ! Mais le karma était avec nous pendant ce trek, et mis à part les coups de fatigue, les difficultés à respirer les derniers mètres à l’approche du sommet, tout s’est bien passé.

Tant qu’à mes douleurs de genoux, le stress en est pour quelque chose, semble-t-il : Si avant de partir, j’avais des douleurs à la limite du supportable, elles ont quasiment disparu pendant le trek, alors que ce n’était pourtant pas de tout repos ! Je pense qu’inconsciemment, j’appréhendais énormément ce voyage et mon corps me l’a fait ressentir. Pourtant, arrivée au Népal, les douleurs se sont vite effacées, au fur et à mesure que les jours passaient. J’ai pu marcher cinq ou six heures par jour, en faisant simplement une ou deux heures de cheval. Comme quoi, tout, le bonheur inclus, est dans la tête …

Des paysages inoubliables…

Les paysages étaient si différents chaque jour qu’il est difficile pour moi d’en faire une description exhaustive. Il est vrai que le climat en est pour quelque chose, les écarts de température entre la basse et la haute altitude ont grandement favorisé la diversité des paysages. Les premiers jours, le climat était quasiment tropical, malgré l’automne. En altitude, c’est un climat franchement montagnard qui a pris le dessus : – 17°C au sommet ! Malgré tout, la chance était avec nous : Un soleil lumineux nous a accompagné pendant presque tout le séjour.

Une image valant mille mots, voici un petit aperçu de ce que j’ai vu au cours de ce merveilleux trek.

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Je pense que je ferai d’autres articles sur ce voyage, dont je me souviendrai toute ma vie. Depuis mon retour, je me reconnecte doucement à la réalité, mais je compte bien garder encore longtemps cet état de paix qui m’anime. Namasté !

6 réflexions au sujet de « Un trek au Népal – Le tour du Manaslu »

  1. Très émouvant. L’avant, le pendant, l’après….
    Des photos en mouvement, comme si on y était.
    Très belle aventure humaine en symbiose avec la Terre et le Ciel….nous qui en sommes le trait d’union…..
    La Vie à l’état brut…..
    Merci pour cette chaleureuse beauté, ces chaleureuses merveilles, ces chemins parcourus main dans la main, au rythme du coeur de chacun, et tout en respect….sur la pointe des pieds..
    Je partage…ton vécu….le nôtre…..celui des « autres » que nous avons cotoyés…..à la juste valeur de La Vie que chacun a expérimenté au gré de son karma …

    Aimé par 1 personne

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